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Comment empêcher une fracture de dégénérer

L’accident le plus douloureux que l’on puisse avoir en montagne est la fracture. Que ce soit en randonnée, en alpinisme, en escalade… le risque de fracture en montagne est extrêmement présent dans nos activités. Elle peut être impressionnante, mais surtout très invalidante pour continuer à se déplacer. Il faut donc se préparer à l’affronter.

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Qu’est-ce qu’une fracture en montagne ?

Une fracture, c’est un os qui pète.  En montagne, les chutes sont les premières causes de fractures, mais il est également possible de casser un os en l’écrasant avec quelque chose de lourd, comme un caillou.

La première chose à savoir : c’est qu’une fracture, c’est extrêmement douloureux. À tel point que le blessé va hurler et se débattre.

Or, les hurlements du blessé te feront perdre toute lucidité et ce sera alors plus difficile de l’aider.

Note également que si la fracture est sur un membre supérieur, le blessé pourra encore se déplacer. En revanche, si elle est sur un membre inférieur, cela rend très difficile le déplacement du blessé.

fracture en montagne

Il existe 2 types de fracture :

  • Les fractures non déplacées. Ce sont les plus fréquentes. En gros, ton os se casse, mais reste dans l’axe et reste dans le corps.
  • Les fractures déplacées. C’est très impressionnant, car l’os n’est plus dans l’axe. On a l’impression qu’il y a une nouvelle « articulation ».

Enfin, les fractures peuvent être dites « ouvertes ». Elles sont moins fréquentes, mais très impressionnantes, car l’os va sortir à travers la peau. Le risque infectieux est alors très important. Il faudra donc bander la plaie.

Si, lors d’un accident, le blessé chute, que tu entends un crac, puis qu’il hurle de douleur en tenant une partie de son corps qui devient gonflée et violette… alors tu peux être sûr qu’il a une fracture.

Dans le cas d’une fracture ouverte ou déplacée, c’est plus évident, puisqu’il y a un morceau d’os qui ressort ou une déformation du membre.

Les points communs à tous ces types de fractures sont la douleur et l’aggravation lorsqu’on les mobilise.

C’est pourquoi il y a 2 choses à faire : immobiliser et gérer la douleur

Le premier principe est l’immobilisation de la fracture, mais, pour immobiliser correctement une fracture, il faut immobiliser également les articulations situées au-dessus et au-dessous. Immobiliser permet de réduire la douleur et d’éviter que la blessure ne s’aggrave. Un os cassé est très coupant et peut donc lacérer les muscles ou couper une artère.

Naturellement, le blessé va maintenir son membre fracturé dans la position qui sera la moins douloureuse pour lui. Il faut s’en inspirer pour immobiliser la fracture.

fracture en montagne

Le deuxième principe qui permettra de calmer le blessé, c’est la gestion de la douleur. L’immobilisation sera le premier élément, mais il y a d’autres choses à faire. Le traitement le plus facile est le froid. Le froid est un antalgique puissant, or la neige des névés ou l’eau glacée des torrents sont assez faciles à trouver en montagne.

Attention cependant, le froid doit être appliqué localement et pendant 15 minutes par heures, maximum. En effet, le reste du corps doit être maintenu au chaud. Si le blessé se refroidit trop, il va tomber en hypothermie et là, c’est une autre paire de manches.

Enfin, le troisième principe est de limiter les déplacements du blessé, car se déplacer, c’est mobiliser la fracture. Lorsque tu as immobilisé un bras ou un avant-bras, tu peux marcher, mais pas gérer une descente en rappel. Si tu as une fracture de la cheville, marcher dessus même avec une attelle va être extrêmement douloureux et va aggraver le problème. Et marcher avec une fracture du fémur est carrément impossible.

Le dernier principe, dans le cas spécifique de la fracture ouverte, est de panser les plaies. J’en parle dans mon article sur l’hémorragie.

fracture en montagne

Comment immobiliser une fracture ?

Poser une attelle est toujours douloureux et peut être compliqué. C’est pourquoi je te conseille de ne faire une attelle que si l’appel au secours est impossible sur le lieu de l’accident et si le blessé se sent capable de se déplacer.

  • Immobiliser un membre supérieur. Si tu te fractures le poignet, l’avant-bras, le coude, le bras ou même l’épaule, la méthode la plus simple pour immobiliser est de retourner le bas de ta veste de gore tex au-dessus du coude, puis de serrer les élastiques.
  • Immobiliser un membre inférieur. Pour ce qui est des jambes c’est un peu plus complexe. Cela demande de la préparation et d’être à deux. Je conseille de prendre ta veste gore tex et de retourner les manches à l’intérieur de la veste. Puis, il faut régler les bâtons de marche de la longueur de la jambe et les enfiler dans les manches. De rouler les bâtons avec la veste jusqu’à avoir un espace de la largeur de la jambe. De soulever la jambe de glisser l’attelle dessous. Entourer l’attelle et la jambe d’une sangle pour la maintenir en place. Remonter la capuche sur le pied et serrer les élastiques.
fracture en montagne

L’attelle modelable : un bon compromis légèreté, polyvalence, utilité.

Tu peux trouver dans le commerce (pharmacie surtout) des attelles modelables. C’est une plaque d’aluminium enrobé de mousse qui te permettra d’immobiliser la plupart des fractures de manière temporaire. C’est très léger et tu peux lui faire prendre n’importe quelle forme (d’attelle, bien sûr).

Pour la rendre rigide, il suffit de faire une gouttière et là, ça ne bouge plus. Elle est molle lorsqu’elle est à plat, et elle devient rigide quand elle est pliée.

Voyons, par exemple, comment faire une attelle de poignet avec.

Tu auras besoin de l’attelle modulable et d’une bande de crêpe.

Premièrement, tu plies l’attelle en deux. Puis tu vas rouler l’attelle pour faire un boudin que tu placeras dans la paume du blessé.

Ensuite, tu fais la gouttière sur le reste de l’attelle.

Enfin, tu la places dans la paume du blessé et sur son bras et tu fixes le tout avec ta bande de crêpe.

C’est simple et efficace. Et ça permet d’attendre les secours professionnels.

Ce qu’il faut retenir, c’est que, lors d’une fracture, tu dois :

  • Immobiliser l’os fracturé avec les articulations au-dessus et au-dessous.
  • Gérer la douleur, avec l’immobilisation en premier, puis avec du froid localisé sur la fracture, et ce, pendant 15 minutes maximum.
  • Déplacer le moins possible le blessé.